SFR et sa politique de marketing

31 décembre 2009 0 Par jeff1er

J’ai récemment tenté d’installer sur mon N. 95 le navigateur alternatif Opera bêta 10.
Celui-ci fonctionne très bien en connexion Wifi, mais pas moyen d’accéder à l’Internet par la connexion 3G de SFR (WapSFR).

bd13dcf8-55d8-11de-a76c-688655dceeb31-2009-12-31-10-34.jpgAprès de nombreuses recherches sur Internet, j’en suis arrivé à la conclusion que SFR bloquait certains User Agent.

En effet, pour éviter que certains n’utilisent leur téléphone comme un modem, la passerelle de navigation GPRS/3G de SFR et détecte User Agent, c’est-à-dire la signature de votre navigateur. Seuls les navigateurs officiellement installés sur les terminaux mobiles supportés par la compagnie sont autorisés à naviguer via la passerelle de navigation.
Ainsi, un utilisateur qui se connecterait sur la passerelle depuis son navigateur habituel (Firefox, Internet Explorer…) se voit rejeté.

Dans ce cas de figure, il existe bien entendu une parade : changer son User Agent. Ceci est facile à réaliser sur un navigateur comme Firefox. En tapant «about:config » dans la barre d’adresse, on accède aux paramètres cachés du navigateur. Ainsi, on peut entrer la signature d’un agent autorisé par SFR.

Mais dans le cas d’Opera Bêta 10, on ne peut sauvegarder les préférences modifiées.

La situation est donc sans issue, jusqu’à ce que SFR décide d’autoriser ce navigateur sur ses réseaux.

Au-delà de ce problème, on peut se demander si cette stratégie est pérenne. En effet, avec l’arrivée d’un nouvel opérateur – Free mobile -, la donne va probablement changer, SFR se retrouvant pour la première fois en situation de concurrence. J’ai déjà évoqué sur ces pages les soupçons qu’on pouvait justement avoir à la rencontre des opérateurs mobiles sur une potentielle entente pour limiter la concurrence.

Comme l’explique Raphaëlle Carraient sur le site de l’extension.com, Free compte adopter une nouvelle stratégie en rupture avec les politiques d’entente traditionnellement menée par la bande des trois. Et parmi les nouvelles idées émises, le blocage des ports, de certains protocoles tels que le peer-to-peer ou enfin de certains navigateurs ne devraient plus être à l’ordre du jour.

On peut se demander quelle sera la réaction des opérateurs traditionnels, qui se sont accrochés à leur gâteau durant la bataille de l’appel d’offres pour le quatrième opérateur.

En revanche Free.fr ne compte pas subventionner l’achat du terminal. Le modèle économique traditionnellement en place va donc changer. Free parie sur le fait que les utilisateurs sont prêts à payer le prix fort pour acheter leur téléphone en ayant en contrepartie une totale liberté dans son utilisation, ainsi que le bénéfice d’un prix d’abonnement plus bas.

En termes de marketing, ce pari est osé. En effet, le segment de marché visé semble être l’utilisateur aguerri, mature, qui est prêt à investir une somme conséquente dans l’achat du terminal. Le marché de masse de la téléphonie ne correspond pas forcément à ce critère. En revanche, cette offre devrait faire exploser le marché de l’occasion. Avis aux amateurs d’eBay.

En tout cas, la bataille s’annonce intéressante.