Boues rouges impossibles à Gardanne ?

10 octobre 2010 0 Par jeff1er

La catastrophe de Kolontar, en Hongrie, a ému la communauté écologiste avec raison, et des questions autour des rejets de l’usine d’aluminium Alcan de Gardanne se sont élevées. Le directeur de cette vieille usine de Pechiney qui emploie près de 1800 personnes (emplois directs et induits) a affirmé hier dans la Provence qu’une telle catastrophe ne pourrait pas se produire ici, en raison de la différence de traitement qu’Alcan applique à ses résidus. En effet, selon lui, les résidus sont lavés de la soude qu’ils contiennent et la partie liquide est évacuée au large de Cassis grâce à un pipeline de 50 km. Les rejets en mer ne contiendraient que 3 ou 4 grammes de soude. Une fois débarrassées de la partie liquide, les boues séchées sont « stockées » dans la colline, près de Bouc-Bel-Air. wpid-boues1-2010-10-10-10-28-2010-10-10-09-28.png Cette zone qui s’étend sur une zone de plus d’un kilomètre de long est composée de terrains où sont entreposées les boues séchées, mais également d’un bassin rempli d’une eau rougeâtre où toute végétation a péri; les arbres morts sont recouverts d’une substance blanche, lui donnant un caractère lunaire. Sur la photo d’écran ci-dessus, j’ai pointé en rouge le symbole d’un relevé sismique du 28 février 1989, où une secousse d’une magnitude de 3,2 sur l’échelle de Richter avait été observée à 10 km de profondeur. On peut donc se poser la question sur le choix de cette zone. D’autre part, les rejets ne menacent-ils pas les nappes phréatiques ? Par ailleurs, ceux qui vivent à Gardanne près du complexe Alcan connaissent bien les odeurs nauséabondes qui en émanent, les particules rouges qui recouvrent absolument tout, et pis, les nuages acides qui corrodent les peintures des véhicules.
Ainsi donc, à l’opposé des affaires habituelles de lobbying industriel, on assiste ici à quelque chose dont peu connaissent réellement les enjeux, avec à la clé 1800 emplois.
Le chantage à l’emploi peut-il justifier le n’importe quoi ??? Par ailleurs, je reste cependant relativement en proie au doute : en effet, nous avons besoin de l’aluminium; rejeter les usines occidentales au prétexte de pollution ne serait-il pas un prétexte à aller polluer ailleurs dans le monde ? La qualification de cette usine aux normes ISA 14001 est elle un alibi suffisant ? Mon opinion est que le rôle, voire le devoir des pouvoirs publics serait d’appliquer un contrôle plus strict et surtout d’aider — pas uniquement au travers de subventions, mais aussi en leur apportant l’aide de la recherche — ces entreprises à diminuer leur impact environnemental. Donc, finalement, le problème environnemental de l’usine « Pechiney » de Gardanne est plus complexe qu’il n’y paraît. Il est aisé de critiquer son maintien dans notre région, en plein cœur d’une agglomération. Mais il est plus compliqué de recommander des solutions vraies (j’exclue bien sûr le retour à l’âge de fer…). Je vous laisse méditer ceci ! Lors de l’une de nos randonnées, nous avons eu l’opportunité de nous approcher de ce terrain grillagé. En voici quelques clichés : wpid-IMG_14581-2010-10-10-10-28-2010-10-10-09-28.jpg wpid-IMG_14601-2010-10-10-10-28-2010-10-10-09-28.jpg wpid-IMG_14611-2010-10-10-10-28-2010-10-10-09-28.jpg wpid-IMG_14591-2010-10-10-10-28-2010-10-10-09-28.jpg On peut se poser des questions sur le caractère inoffensif de ce bassin.