G20 ans de retard…

Inévitablement, les entreprises, subissant le choc de la crise —ou en tout cas en prenant le prétexte—, ajustent la dernière variable dans la maîtrise des coûts: le personnel.
Ces salariés privés d’emploi, bien souvent, ne retrouvent malheureusement que difficilement un job.
merkel-sarkozy-zapatero-berlusconi-brown-g20-497jpg1-2009-04-8-22-33.jpeg
 
Plusieurs éléments de réflexion de départ :
La France, et l’Europe en général, n’a pas su anticiper la mutation sociétale des emplois après la chute du mur.
En effet, les années 90 ont marqué la fin des frontières et la possibilité nouvelle des entreprises de chercher de nouveaux marchés.
Mais cette ouverture offrait également de nouvelles options d’approvisionnement.
De plus, le marché commun s’est transformé en union économique, brisant les limites imposées par les barrières douanières.
La première étape dans la stratégie fût d’adapter la supply chain aux marchés nouvellement conquis.
Ainsi, si l’on produisait dans une région, on construisait sa supply chain localement pour bénéficier de coûts réduits des fournisseurs locaux.
Ensuite, les entreprises ont tenté une rationalisation des fournisseurs: en imposant une limite haute dans les tarifs, les compagnies majeures ont imposé à l’ensemble du système un mécanisme de recherche éperdue de baisse des coûts reposant essentiellement sur la délocalisation des emplois faiblement qualifiés.
« Parallèlement, il n’existait dans le modèle libéral aucune gouvernance ».
Ainsi, l’emploi industriel faiblement qualifié a été largement délocalisé sans qu’aucune mesure d’adaptation ne soit prise.
En 2009, les 3/4 des emplois se retrouvent dans les services, et le personnel disponible n’est pas qualifié pour les occuper.
Enfin, pour faire face aux enjeux économiques de la mondialisation, le système banquier s’est recapitalisé massivement en faisant appel au marché.
Par conséquent, les banques, obéissant à une logique de rentabilité maximale à court terme, n’ont plus joué leur rôle dans la capitalisation des entreprises et se sont tournées vers des produits financiers plus juteux, mais aussi plus risqués, tels que crédits hypothécaires.
Premier effet : un transfert d’environ 25% des revenus du travail vers les revenus du capital, ceci entraînant la paupérisation des populations occidentales, engendrant à son tour une baisse équivalente de la consommation.
Ensuite, les entreprises, ne pouvant trouver crédit auprès des banques, se sont tournées à leur tour vers les marchés. La logique de ce nouvel actionnariat, toujours basé sur la rentabilité rapide, a poussé les entreprises à chercher à réduire leurs coûts au maximum, plutôt que de viser une croissance positive; ceci a encore amplifié le phénomène de délocalisation.
Or, dans une économie mondialisée, les entreprises n’ont jamais eu autant besoin de capitaux, car elles sont confrontés à une compétition qui n’est non seulement plus régulée, mais aussi qui n’a plus de frontière.
Partant de ce constat, quelles mesures réellement efficaces peuvent prendre les décideurs politiques ? quelques hypothèses:
Tout d’abord, rien ne peut se faire nationalement. La tentation protectionniste du président Sarkozy coulerait purement et simplement l’économie française.
En revanche, une action coordonnée au niveau du G20, en profitant des bonnes dispositions du président Obama, seraient nettement plus indiquée.
L’exemple du prêt d’une montant de 3 milliards du gouvernement français à l’industrie automobile est un exemple de contreproductivité; en n’exigeant aucune contrepartie sérieuse — les industriels se sont d’ailleurs empressés de contourner les promesses faites à Sarkozy—, le gouvernement a contribué à amplifier le phénomène de transfert de richesses; à cause du modèle « entonnoir » choisi, l’argent injecté par le haut n’atteindra jamais sa destination finale : les ménages.
D’autres gouvernements ont évité cet écueil en s’imposant aux conseils d’administration, pesant sur la gouvernance des banques et des entreprises. Mais pour cela, il faudrait oser briser un modèle, finalement, laissé aux mains, souvent avides, des actionnaires les plus importants.
De plus, l’interdépendance des membres des conseils d’administration, reposant sur le renvoi d’ascenseur, est prisonnier d’un cercle infernal qui ne pourra pas se briser de lui-même.
S’il ne devait y avoir eu une seule décision émergeant du G20, cela aurait donc été, non pas de faire la chasse aux paradis fiscaux — ce qui n’a somme toute qu’un effet très limité—, mais plutôt de légiférer sur le poids décisionnel des actionnaires issus du marché.
Ensuite, comme je l’ai déjà écrit, un gouvernement décidé prenant le contrôle de quelques banques recréerait un cercle vertueux de financement sain des entreprises et rééquilibrerait immanquablement l’équilibre des richesses.
Cela aurait aussi le mérite de replacer les industriels au centre de l’économie, qui serait par conséquent tirée en avant de nouveau.

Google ne couvrira pas vos retards :)

Les dernières modifications de l’empire Google sont extraordinaires ! Après Google Latitude, qui peut —avec votre permission— vous traquer en temps réel sur votre téléphone (avec ou sans GPS, puisqu’il utilisera alors la triangulation des antennes GSM), une fonctionnalité sur laquelle je suis tombé par hasard, et qui n’a pas fait beaucoup de bruit, a été ajoutée sur Google Maps : L’historique du traffic routier !
image11-2009-04-4-16-11.png
Désormais, impossible de prétexter un embouteillage pour justifier vos retards au travail: votre chef n’aura qu’à aller faire un tour sur Google Maps et retrouver si votre prétexte du lundi matin tient bon 🙂 Tant que Google ne vérifie pas l’état de vos pneus, vous pourrez toujours prétexter la crevaison ! Par la même occasion, et puisque j’en parle, nous avons eu l’occasion de tester Google Latitude lors de mon dernier déplacement à Grenoble, et là c’est bluffant, puisqu’on était capable de me suivre au mètre près lors de ma progression sur l’autoroute ! Par ailleurs, Google street view a rajouté pas mal de villes à son actif: Aix-en-Provence en fait désormais partie:
image21-2009-04-4-16-11.png
Pour une fois, je reprocherai cependant un léger manque d’ergonomie à Google: il m’a fallu un certain temps avant de comprendre le fonctionnement de Street view: il fallait en effet déplacer à la souris le petit bonhomme (qui devient jaune si l’on survole une zone photographiée au sol) sur l’endroit de la carte décidé: Seules les rues surlignées de bleu sont accessibles.
image31-2009-04-4-16-11.png

L’internet français est mort cette nuit ! vive l’internet Birman !

Cette ignominie préparée par les députés UMP avec la collaboration de tout un tas de gens qui n’y comprennent strictement rient sur l’internet vient d’être voté cette nuit, dans une foule en délire de 16 députés.
Surprise, les internautes se verront probablement obligés d’installer un spyware gouvernemental. De mieux en mieux. Pour ma part, j’ai toujours laissé ouverte ma connexion internet (mais protégé bien entendu mon réseau. Autrement dit, si une personne utilise ma connexion libre pour pomper sur le web, j’en prends plein la figure…

L’UMP nous ramène donc à l’âge de pierre de l’internet, peut être encore plus; nous aurons l’illustre privilège, avec la Chine, la Birmanie ou la Corée du Nord, d’avoir l’internet le plus fliqué du monde !!!
Alors, Mesdames et Messieurs qui lisez ce blog, et qui avez soutenu Pépin le Bref lors des dernières présidentielles, mesurez l’impact de votre acte !
Vous avez donné le pouvoir à des gens dont bon nombre sont au service des puissants, des riches et des lobbies. Le débat sur cette loi a occulté dans les médias les personnes dénonçant le caractère inadapté, l’anachronisme d’un soutien à modèle économique complètement dépassé, mais dont survivent les parasites qui ont trop vécu sur le dos des artistes.
Peut-être vais-je me répéter, mais combien coûte, avec l’évolution technologique, la production d’un album ?
Tous les musiciens peuvent s’offrir un studio d’enregistrement à domicile, et le CD/DVD est déjà mort depuis quelques années. Mais l’UMP s’acharne à protéger ses amis du show-bizz, quitte à mettre la moitié de la France en prison !
Et cacher vos méfaits derrière la médiatisation de la visite d’Obama en France n’y fera rien: les gens ont honte de vous, messieurs les députés !
 
Mots clés Technorati : HADOPI,Birmanie,Honte,UMP
http://www.pcinpact.com/actu/news/50142-assemblee-nationale-adopte-riposte-graduee.htm